Lundi 8 octobre 2001, Death Valley

Back to Las Vegas. décidément, je n'aime pas cette ville. Que du toc. Retour au Hard Rock Hotel, sur le thème musique Rock. De temps en temps on y entend du Pink Floyd.

La Death Valley... Ce matin, je décide de partir tôt, à cause du soleil. Mais il y a des nuages, alors je suis parti trop tôt. J'ai raté mon petit déjeuner au sympathique motel de Panamint Springs, et je l'ai pris au motel de Stonepipe Wells, nettement moins sympa.

Je croise un coyote sur la route. Il n'y a pas grand monde, l'air est relativement frais. Relativement...

Dunes de sable

Première destination, les dunes de sable au levé du soleil. une réminiscence des Dunes d'or. Le soleil est déjà levé, heureusement car la death valley est tellement encaissée... Toujours aussi peu de touristes, il fait déjà chaud...

Mosaic canyon

Deuxième étape, le mosaic canyon. Je serpente, et le lit du ruisseau avec moi, au milieu d'une magnifique falaise de marbre. C'est beau et irréel. Parfois le canyon fait moins d'un mètre de large, parfois il s'élargit. Je monte très loin dans le canyon, après avoir passé deux verrous assez subtils. Je grimpe, je grimpe dans la canyon. Pourquoi s'arrêter et faire demi-tour ici plutôt qu'ailleurs? Seule la perspective de n'explorer qu'un absence en forme de ruine me retient d'aller plus loin.

Pause de midi. J'apprends les nouvelles internationales. Je n'avais ni télé ni Internet depuis deux jours. Et, dans des lieux sauvages comme ça, on se sent loin de tout ça.

J'en profite pour discuter avec les militants de l'association LNT, pour "leave no trace"; ce sont eux qui propagent des règles du genre respecter les animaux, ne pas les nourrir, ne rien jeter par terre même du biodégradable (ils me montrent une écorce d'orange vieille d'un an). Bref, un monde où l'homme n'a aucune interaction.

J'ai envie de les challenger. Je commence timidement par "oh là là, j'en fais des choses qu'ils ne faut pas faire". Par exemple, je leur avoue que j'aime pisser dans la nature "ça c'est pas grave ils me répondent. Ce sont les matières fécales qu'il faut enterrer à 10 pouces sous terre". Bon, je ne raconte pas ce qui s'est passé le matin dans le canyon... Puis je m'enhardis, je commence à leur dire que nous en Europe on n'a pas toutes ces règles, et que notre eco-système il marche bien, avec une densité plus forte. "Justement, c'est la densité qui fait la différence" dit la fille "ici on a plein de place".

Enfin, je suis une vraie ordure (c'est le cas de le dire), je leur demande pourquoi un de leurs plus gros sponsors est le fabriquant de voitures Subaru, avec qui ils font du co-branding. Et là, ils grincent des dents. "Expliquez-moi", dis-je, "une voiture, ça laisse des traces aussi. De pollution par exemple". Alors ils me disent que, "aux USA, il faut toujours de l'argent pour faire connaître une cause, et que l'argent n'a pas d'odeur (traduction de moi-même de "we take what we get"), et que surtout, ils en profitent pour apprendre à Subaru ce qu'il faut faire pour que les voitures ne laissent pas de trace. "Par exemple, grâce à nous, ils ont décidé de ne pas commercialiser de 4x4". Charmant.

Heureusement, il reste la sublime vue depuis le Zabriskie point, et la Death Valley depuis le Dante's point pour clore la journée. Grandiose.

Zabriskie point

Dante point