mardi 7 décembre 1999
Bangkok, la rivière Chao Praya, le Wat Pho et le Wat Phra Keo. Une surprise, je redécouvre le magnifique Bouddha allongé du Wat Pho, je redécouvre le temple lui-même… Bangkok, la porte de l'Asie, que j'ai visité seul en 1978, et pour une conférence en 1982. Il y a beaucoup plus de touristes, et lorsque nous arrivons au Wat Pho, en débarquant du Chao Praya river express, en passant au milieu d'une de ces innombrables gargotes qui font un des paysages caractéristiques de Bangkok, avec leurs odeurs de viande cuite et de soupe aux nouilles épicée, lorsque nous arrivons dans le temple, en payant nos 20 baths, je me rends compte que l'afflux touristique est vraiment énorme. Mais, loi de Panurge oblige, et ce constat ne laissera jamais de me fasciner, les toutous restent concentrés dans le temple du si magnifique sublime Bouddha allongé, ce monumental Bouddha de 46 mètres de long et 15 mètres de haut, couvert de feuilles d'or et respirant malgré sa taille une sérénité profonde, une pure merveille. Et nous déambulons dans les coins retirés du temple, pour y découvrir à notre grand amusement une école primaire, avec des petits écoliers en uniforme, des maîtresses qui grondent et donnent des (légers) coups de bâtons, des gamins qui jouent au toboggan sous l'śil sévère d'une statue en pierre d'inspiration chinoise. Cet endroit est très beau, et les sons y sont d’un calme extraordinaire. C’est bon, quand l’śil et l’oreille reçoivent des messages en harmonie.
Et puis, d’autres souvenirs qui resurgissent, comme le clic-clic des receveurs dans les bus, et dans sur le Chao Praya River express, leur boite en fer cylindrique, qui contient des pièces de monnaie, les rouleaux de tickets, dont le couvercle possède un bord métallique qui sert à couper et composter.
Une reprise de contact très agréable avec la Thaïlande, ce pays resté libre. J'ai envie de revoir mes photos de 1978. Hélas, en 1982, je n'avais pas d'appareil. Dommage, j'ai encore le souvenir de la nuit passée dans le froid d'une maison ouverte, au son des tirs de mortiers dans le lointain, dans un petit village au bord de la frontière cambodgienne, laquelle frontière nous l'avons ensuite franchi illégalement pour aller voir des ruines khmères le lendemain, avec en prime une belle borne géodésique en grès d'un mètre cube marquée "Royaume de Siam" d'un côté et "Royaume khmer" de l'autre. Une survivance de la France, qui nous a émus, nous trois, à savoir Jean-Denis Dupuis qui travaillait à Spot Image, je ne sais plus qui du CNES, et moi-même encore à l'IGN, nous participions à une conférence internationale de l'ASEAN sur l'imagerie satellitaire, et c'est l'attaché commercial de l'ambassade de France qui nous avait envoyé dans ce coin, lui qui venait de le découvrir quinze jours auparavant, et nous avions loué une voiture, et je ne me souviens plus du trajet exact, mais il me semble Khorat Buriram et Surin, puis plongée vers la frontière Cambodgienne au Sud, mais ma mémoire me fait défaut.